Un lieu de patrimoine 

Une légende alsacienne

 

La bière à la pression

En 1864, le Colmarien Frédéric Bofinger ouvre, en bordure de la place de la Bastille, un établissement éponyme. Située au cœur des quartiers du Marais et du Faubourg Saint-Antoine, où sont regroupés les Alsaciens travaillant dans la menuiserie et l’ébénisterie, c’est le premier établissement parisien à servir de la bière « à la pompe ». A cette époque, la bière est tirée, comme le vin, d’un tonneau et titre entre 18 et 25°. L’annexion de l’Alsace par la Prusse et le nouvel afflux d’habitants de cette région à Paris assurent le succès du lieu.

 

Un décor Belle Epoque

Decor la belle epoqueDe 1919 à 1921, l’établissement, repris par le gendre de Bofinger, s’embellit. L’architecte Legay, le décorateur Mitgen, les maitres verriers Néret et Royé sont chargés du renouveau. Porte à tambour, escalier en bois à vaste révolution, banquettes de cuir noir matelassés, appliques en bronze, marqueteries de Panzani, cuivres, boiseries, vases en céramique du Niçois Jérôme Massier, luminaires tulipes en pâte de verre de Müller, miroirs biseautés reflétant le décor à l’infini, c’est un foisonnement Belle Epoque. Par ses débordements, sa profusion de matière, sa superposition de couleurs, ce style, hérité de la fin du XIXème siècle, illustre l’embourgeoisement de la société et son aspiration à la fête. L’établissement connaît un nouvel agrandissement au début des années 30, à l’occasion de l’Exposition coloniale internationale de 1931.

 

Un monument historique

 

 

Un monument historique

Le 13 mars 1989, la brasserie Bofinger est classée à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques. Le décret protège les façades sur les deux premiers niveaux, l’enseigne extérieure et les décors intérieurs.

 

 

 

 

Un patrimoine artistique

Un monument historique

 


 

La grande salle ovale

A l’origine, cour aveugle servant à stocker le charbon, la grande salle du restaurant du rez-de-chaussée est aménagée en 1919. Pour lui apporter de la lumière, les peintres verriers Neret et Royé la surmontent d’une majestueuse coupole ovale à motifs floraux de style Art Déco.

 

 


 

Le Salon Hansi

En 1930, le peintre alsacien Jean-Jacques Waltz, surnommé Hansi, illustre les boiseries des murs d’un petit salon privé du premier étage. Kougelhopf, bretzel, cigognes, coccinelles, femmes en costume local, le dessinateur, ardent patriote français, recrée un décor d’imageries régionales. On lui doit également divers tableaux et l’enseigne au dessus de la porte d’entrée représentant une petite Alsacienne avec un Kouglof et un petit Alsacien courant vers la brasserie en tenant à la main un bretzel et sa chope de bière.

 

Le groupe de l'Echelle

 

Le Salon des Continents

Au premier étage, ce salon, également appelé salon du cartel des gauches, est tapissé de marqueteries de bois réalisées par Panzani. Les motifs, qui vont par paires dans des médaillons, représentent des paysages de tous les continents, de jour puis de nuit. C’est dans cette salle que le président du parti radical, Edouard Herriot, tient en 1924 un dîner secret au cours duquel il achève le processus qui aboutit à la formation du Cartel des Gauches.

 

Salon les 5 continents

 

Le Vitrail Gambrinus

 

Au premier étage, un vitrail de Néret, réalisé en 1930, représente Gambrinus, une chope à la main, chevauchant un tonneau portant la date de l’année 1864. Dans la tradition alsacienne, ce personnage allégotique, haut en couleur, symbolise pour les amateurs de bière la bonne humeur et la joie de vivre. Intronisé « Roi de la bière », il est parfois identifié à Jean 1er de Brabant, duc de Brabant, ou à Jean Sans peur, fondateur de l’ordre du Houblon.

 

Vitrail Gambrinus

 

Des dauphins en céramique

 

Au sous-sol, les urinoirs des toilettes pour hommes illustrent l’exubérance des lieux. Ils sont en céramique blanche, coiffés de dauphins à l’image d’une fontaine romaine.


Crédits photos :  © Isabelle Dorpe et Jérémie D, studio 1+1